En français, la forme attendue est généralement hindoues, le pluriel féminin de « hindoue ». La graphie « hindues » peut toutefois apparaître dans une autre langue, notamment en espagnol sous la forme hindúes. Pour choisir le bon mot, il faut donc tenir compte de la langue, de la grammaire et du sens historique ou religieux recherché.
« Hindues » : une forme à replacer dans sa langue
En français, « hindou » est à la fois un adjectif et un nom. Il peut désigner une personne qui se rattache à l’hindouisme ou, selon le contexte, ce qui se rapporte à la culture hindoue. L’accord suit les règles habituelles : « un homme hindou », « une femme hindoue », « des hommes hindous » et « des femmes hindoues ».
La graphie « hindues », sans ou, n’est donc pas la forme française standard. Elle peut venir d’une faute d’orthographe, d’une saisie rapide ou d’une traduction automatique. Elle peut aussi correspondre à l’espagnol : le singulier hindú devient hindúes au pluriel, avec un accent conservé sur le u.
| Langue | Forme | Emploi |
|---|---|---|
| Français | hindou, hindoue, hindous, hindoues | Nom ou adjectif, avec accord en genre et en nombre |
| Anglais | Hindu, Hindus | Nom désignant un hindou ou plusieurs hindous |
| Espagnol | hindú, hindúes | Forme singulière et plurielle, avec accent |
Des exemples pour ne plus hésiter
On écrira par exemple : « Les traditions hindoues sont diverses », « Elle est de confession hindoue » ou « Des temples hindous se trouvent dans plusieurs régions du monde ». En français standard, « traditions hindues » n’est donc pas la bonne graphie. En revanche, dans un texte espagnol, hindúes peut être correct. Il faut alors conserver l’accent et la terminaison propre à cette langue.
Hindou, Hindu et hindouisme : des mots proches, mais distincts
Le français « hindou » traduit souvent l’anglais Hindu. Dans son sens religieux le plus courant aujourd’hui, il désigne une personne qui se reconnaît dans l’hindouisme. Le mot « hindouisme » désigne, lui, un ensemble très divers de traditions, de pratiques, de textes, de philosophies et de cultes associés à cette appellation.
Ces termes ne doivent pas être confondus avec « indien ». Une personne indienne n’est pas automatiquement hindoue : l’Inde rassemble des personnes appartenant à des religions, des langues et des histoires variées. Inversement, une personne hindoue n’a pas nécessairement la nationalité indienne. Des communautés hindoues vivent dans de nombreux pays.
Une lecture en trois couches évite les contresens
Pour comprendre un emploi, on peut distinguer trois niveaux. Le niveau linguistique indique comment le mot s’écrit et s’accorde. Le niveau social renvoie à une appartenance culturelle ou familiale. Le niveau religieux concerne des croyances et des pratiques. Dans une biographie, un texte historique ou une notice d’exposition, il faut déterminer le niveau réellement visé avant de choisir « hindou », « indien », « de tradition hindoue » ou une formulation plus précise.
Cette distinction évite de transformer une origine géographique en profession de foi, ou une référence religieuse en indication de nationalité. Elle est particulièrement utile lorsqu’un texte traduit reprend une catégorie ancienne dont le sens ne correspond plus exactement à l’usage actuel.
Religion, culture et nationalité ne se confondent pas
Dire qu’une œuvre comporte des références hindoues peut renvoyer à des récits, des divinités, des symboles ou des fêtes liés à l’hindouisme. Dire qu’elle est indienne situe d’abord son origine nationale, territoriale ou culturelle. Le contexte permet de faire la différence.
Pour une personne, il est préférable de ne pas déduire une appartenance religieuse de son nom, de sa langue ou de son pays d’origine. Employer le terme avec précision revient à laisser au contexte, ou à la personne concernée, le soin d’indiquer l’identité pertinente.
Pourquoi le terme « Hindu » a longtemps eu un sens plus large
L’histoire du mot explique une partie de son ambiguïté actuelle. « Hindu » est généralement rattaché à une désignation d’origine persane liée au Sindh et au fleuve Indus. À l’origine, le terme renvoie surtout à des populations et à un espace situés au-delà de cette zone, plutôt qu’à une religion définie comme telle.
Entre le 8e et le 18e siècle, les usages ont varié selon les langues, les pouvoirs et les auteurs. Après l’invasion arabe du Sindh, le règlement de Brahmanabad, en 712 de notre ère, est associé à certains emplois anciens du terme dans un cadre administratif et politique. Les catégories utilisées à cette époque ne correspondent pas exactement à celles qui servent aujourd’hui à décrire les religions ou les identités.
Du repère géographique à la catégorie religieuse
Dans des textes arabes et persans médiévaux, « Hindu » a pu désigner largement des populations du sous-continent indien, souvent distinguées des musulmans. Au 11e siècle, les écrits d’Al-Biruni emploient le terme dans un environnement intellectuel et religieux marqué par cette distinction. Il ne faut donc pas le considérer automatiquement comme l’équivalent exact de « fidèle de l’hindouisme » au sens contemporain.
Avec le sultanat de Delhi, puis l’Empire moghol, le mot a continué à circuler dans des contextes administratifs, sociaux et religieux. Il pouvait servir de catégorie générale pour des groupes non musulmans de l’Inde, malgré leurs différences de pratiques et de croyances. Le rapprochement progressif entre le terme et une identité religieuse plus précise n’a pas supprimé ces usages antérieurs.
Pourquoi bouddhistes et sikhs ont parfois été appelés « Hindus »
Certains documents historiques classent sous l’appellation « Hindu » des personnes qui ne se seraient pas nécessairement définies ainsi dans un sens religieux strict. C’est notamment le cas de certains bouddhistes et sikhs dans des textes persans. Dans ces documents, la catégorie peut signifier « non-musulman indien » plutôt que désigner l’adhésion à une seule tradition religieuse.
Le cas du sikhisme montre les limites de cette classification. Le sikhisme est une religion distincte de l’hindouisme, avec ses propres textes, pratiques et institutions. Pourtant, dans certains récits de l’époque moghole, des sikhs, notamment autour de Guru Arjan, ont été désignés par des auteurs persans au moyen de catégories générales qui les rapprochaient des « Hindus ».
Cette désignation extérieure ne suffit pas à définir leur identité religieuse. Pour interpréter un document, il faut donc examiner qui emploie le terme, à quelle époque et dans quel but. Une catégorie administrative ou descriptive peut être plus large que l’identité revendiquée par les personnes concernées.
Exonyme et autonyme : qui nomme qui ?
Un exonyme est un nom donné à un groupe par des personnes extérieures. Un autonyme est le nom qu’un groupe emploie pour se désigner lui-même. Cette distinction aide à lire les sources anciennes avec prudence.
Un terme pratique pour un chroniqueur, un administrateur ou un voyageur peut être trop vaste pour refléter la manière dont les communautés concernées se percevaient. L’analyse doit donc distinguer la catégorie utilisée par l’auteur et l’identité religieuse ou sociale des personnes décrites.
Employer le mot avec précision aujourd’hui
Dans un texte français actuel, choisissez « hindoue » ou « hindoues » lorsque vous parlez explicitement de femmes, de traditions, de pratiques ou de communautés liées à l’hindouisme. Utilisez « indien » pour la nationalité ou l’origine géographique, sauf si l’appartenance religieuse est réellement pertinente.
Conservez Hindu, Hindus ou hindúes lorsque vous citez, traduisez ou analysez un texte dans une autre langue. Le choix de la forme dépend alors de la langue originale et du contexte de la citation.
Cette précision dépasse la seule orthographe. Elle permet de respecter la pluralité religieuse et culturelle de l’Asie du Sud, tout en tenant compte du fait qu’un mot historique peut avoir changé de portée au fil des siècles.